Compte rendu de la 4ème rencontre de TE du 28 octobre 2021
Ce compte rendu est une synthèse des différentes questions posées aux ONG lors des deux tables rondes concernant la crise sanitaire liée au covid. Ce qui est résulté au niveau des difficultés rencontrées pendant cette période de pandémie est qu’en général, les différentes organisations se sont mobilisées afin de mieux digitaliser et informatiser leur différente activité. La pandémie a alors été une source d’améliorations possibles au niveau de l’activité. Pour la Fondation Graines de Paix, La crise du Covid a multiplié le télétravail et les embauches. De nouveaux accords ont été signés et certains donateurs se sont manifestés. Concernant la Fédération Genevoise de Coopération, la crise sanitaire a beaucoup impacté les populations du sud mais il faut souligner la réactivité des actions du terrain et des organisations membres pour réadapter les projets à la situation, en particulier les projets liés aux infrastructures et démarches de santé. L’utilisation des réunions en téléconférence s’est répandue et le télétravail a été généralisé et cette systématisation des visioconférences a établis d’avantage d’égalité entre le sud et le nord. Certains projets ont été remis à plus tard car certains donateurs jusque-là réguliers, se sont désistés à cause de difficultés financières. Il est probable que si d’autres vagues devaient survenir, cela mettrait en péril un certain nombre d’organisations qui devraient alors compter sur l’aide gouvernementale ou de certains organismes soutenus par la confédération ou les cantons.
Le professeur Didier Pittet, épidémiologiste, retenu à Paris pour son activité, nous a fait l’honneur d’être présent en téléconférence afin de nous faire une rétrospective de la crise du Covid-19 :
La Suisse a eu différentes vagues d’ampleur modeste, contrôlée par une couverture vaccinale insuffisante vis-à-vis des pays limitrophes qui ont une couverture vaccinale plus élevée. Les cas ont été gérés par les épidémiologistes dans chaque canton. Lorsque les cas devenaient trop nombreux, on en perdait le contrôle et les hôpitaux devenaient surchargés. Lors de la première vague à Genève, dans le canton de Vaud ou au Tessin, on avait pris du retard pour les cas « non covid ». Nous avons vécu une deuxième vague en été 2020 ou le taux de mortalité a été très élevé et ensuite les EMS se sont vidées. Lors de la troisième vague, la vaccination est apparue mais elle reste une des plus basses en Europe de l’ouest. Lors de la 4ème vague, on constate la présence du covid long qui occupe 20 à 40 % de la population. C’est une situation gérable mais pour certaines personnes comme les sportifs, cela entraine une incapacité d’exercer leur activité. Les enfants ont été touchés et les centres pédiatriques ont été très sollicités. La grippe ordinaire dont on a décelé 10 cas au lieu de 400 habituellement, n’a pas circulé grâce aux gestes barrière et au fait que l’hémisphère sud ayant été confiné, elle n’a pas circulé. La vaccination contre celle-ci est souhaitable car un patient grippé prendra le lit d’un autre patient.
Nous disposons d’outils pour lutter contre la pandémie :
- Le confinement, efficace mais aux complications économiques et sociales importantes et une fracture sociale désastreuse si l’on pense aux étudiants confinés et déprimés.
- Les gestes barrière même s’ils sont moins bien pratiqués, ils convient de respecter le port du masque, le lavage des mains et l’utilisation du gel hydro alcoolique.
- La vaccination. Nous disposons de vaccins efficaces permettant d’éviter l’hospitalisation, le décès et les soins intensifs. Leur taux de couverture est de 90 ou 95%. Ils protègent moins contre les petites infections comme les états grippaux. Comme il s’agit d’un nouveau virus, toute personne peut faire une infection banale ou sévère et contaminer des personnes âgées. La vaccination est essentielle pour se protéger et pour protéger autrui puis que nous voyons même des personnes jeunes gravement atteintes.
- Le pass sanitaire, est la seule solution pour reprendre les réunions en limitant les risques. En fonction de ces risques, nous le maintiendront mais un jour, nous n’en auront plus besoin.
- Les tests. Ils permettent de savoir si nous sommes contaminés ou non et il faut se faire tester au moindre symptôme.
Ces outils vont nous permettre de traverser l’hiver avec le covid qui touchera tout le monde. Nous sommes dans un scenario intermédiaire. Ce virus va à terme faire partie des virus avec lesquels on vit depuis toujours. Nous vivons avec 4 familles de coronavirus ainsi que des Rhinovirus. Nous avons tous des anticorps contre ces virus et le Covid-19 va faire partie des autres virus mais il n’a pas encore suffisamment circulé. Sans la vaccination, nous aurions eu entre 12 et 30 vagues d’épidémie avant d’avoir la même immunité et beaucoup de décès.
Pour l’avenir, trois scenarios sont possibles :
- Le premier scenario que l’on pas vécu consiste en la mutation des virus et à leur affaiblissement progressif
- Le deuxième scenario consiste en un virus qui épuise ses capacités car l’immunité collective est de plus en plus importante grâce à des vaccins capables de lutter contre tous les variants.
- Le troisième scenario appelé scenario catastrophe est un scenario envisageable mais improbable grâce à l’immunité collective de la vaccination. Le virus pourrait continuer à muter et à se placer dans des endroits délicats comme le pharynx ou le larynx.
L’immunité a tendance a devenir moins bonne avec le temps surtout auprès de personnes âgées ( immunosénescence) d’où la nécessité d’une troisième dose de rappel. La deuxième dose a été donnée après un mois après la première dose et ceci n’a pas été optimal car elle aurait dû être donnée après 3, 6 ou 9 mois pour que l’organisme puisse produire suffisamment d’anticorps mais on a été en période de pandémie.
Plusieurs réponses à des questions posées ont été données parmi lesquelles les mesures pour convaincre les antivax difficiles en Suisse qui a une médecine préventive faible et est un mauvais élève en terme de vaccination. De plus nous avons remarqué les faiblesses du fédéralisme en termes de lutte contre la pandémie et le caractère individualiste de la population. Concernant l’Afrique, les statistiques sont trompeuses car en réalité, 50% des personnes ont été infectées. La population se soigne par des médicaments à base de plantes comme l’Artemisia mais leur efficacité à grande échelle n’est pas prouvée cliniquement et de plus, il s’agit de traitement curatif et non préventif comme le vaccin. En matière de solidarité mondiale, nous n’avons pas encore couvert 50 % de la population avec au moins une dose et cela n’est pas suffisant. Il n’y aura que la libération des brevets et des transferts de technologie qui permettrons d’augmenter la vaccination. Il semble que la durée d’efficacité du vaccin nécessitera un rappel annuel.
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